l'objet qui dépasse [home] [pages] [persos] [actes] [help] [mail]


L'homme des libertés infinitésimales rencontra le rectificateur des brins d'herbe. « Ce caillou n'est pas à sa place, lui dit ce dernier. » En effet, chaque être a son lit assigné dans ce grand dortoir. « Déplacez-le donc, lui dit l'homme des libertés infinitésimales. —— Je ne le peux. —— Pourquoi donc ? —— Ce caillou doit dénoncer le désordre. Sa place est de ne pas être à sa place. »


Ô toi qui cherches l'ordonnancement idéal ! Sache que l'objet paradoxal se déplace sans fin au sein des êtres. Tout paradoxe a son Ahasvérus, à qui rien ne suffit, ni pardon, ni faisceau. Si l'uniformité de la nature est utile, c'est en ce qu'elle laisse paraître le détail qui achoppe, l'objet qui dépasse. La manifestation de ce dernier est dans sa chute.


Un arpenteur des striées n'avait pas encore pris conscience de ce fait lorsqu'un jour, au hasard d'une errance, il vit une ruine imposante. Il s'agissait, au milieu d'un chantier de démolition, d'un cadavre d'escalier. La chose était couchée sur le sol. Ses spirales dardaient l'infini. Ses marches étaient un moteur, ses rampes étaient des écoutilles. C'est là que l'arpenteur comprit l'effet de contexte.


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