interrogation d'Érostrate [home] [pages] [persos] [actes] [help] [mail]


  
    Érostrate en sa colline
Percevait les vents violents,
Le sable aux senteurs marines,
Et l'oiseau toujours allant.
Spectacle fort, enivrant,
Que celui de ces étoiles;
Malgré les airs délivrants
L'esprit restait en sa toile.
« Quelle est la réalité,
Sinon ce bruit non ce vent ?
Mais je suis humanité,
Lavant les flots des levants.
Si tout peut être autrement,
Tout est autre et moi encore,
Ni centre ni firmament,
Ni crépuscule ou aurore;
Mais je veux des horizons,
Des bonheurs ou bien des plaines
Aux pentes de ma raison,
Des contrées toujours lointaines.
Comme en creux le signe écrit
Vague encore et vague abonde,
Ma pensée lance ses cris
Pour le vide et pour le monde;
Ainsi donc j'étais bien moi,
Mienne aussi cette illusion,
Et la porte de la Loi
Devint ma nouvelle Ilion.
Montre-toi ô Vérité,
Si tu es bien de cette ère !
En combien d'autres cités
J'ai cru te trouver naguère !
Mais ce jeu est sans pareil,
Comme le sage et l'enfant,
Un petit rien m'émerveille,
Celui-là est grand néant ! »
   



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