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    J'ai refracté plus d'images
Que n'ont voulu imposer
Les dérisoires rivages
De ceux qui ont tant glosé,
Et les chaînes éternelles
De la fatigue et du sang,
En toute erreur pêle-mêle
De ces flots abrutissants,
Sans relâche combattues,
Nulle prise à ces fardeaux,
Ils sont le récif qui tue,
La clôture, le credo.
Un jour un nommé Pyrrhon
Le sut bien et le clama :
« Ce monde que nous créons
D'incertain est un amas !
Tel qui songe en conviendra,
Aussi mouvant soit son rêve,
Le mirage le tiendra
Jusqu'à ce que nuit s'achève.
Qui peut dire où il en est,
D'un état dont rien n'est sûr,
L'être est-il seulement né ?
Tout vrai reçoit ma censure.
Mais pour compliquer la chose,
Rien de certain, il est vrai,
Et par-dessus tout ma prose,
Moi aussi j'ai mon ivraie. »
   



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