la beauté crépusculaire [home] [pages] [persos] [actes] [help] [mail]


Une chose est un être donné dans la limitation. Elle a donc un bord qui la forclot. Une chose est vouée à la vie, c'est-à-dire à la mort. C'est pourquoi il n'y a pas de sens à déplorer cette dernière.


Pour l'emplisseur de vides, chaque soir mourait sur la mer avec la même plénitude. Lorsque le soleil déclinait, c'était sa mort qui se jouait une nouvelle fois par anticipation. Il nous a laissé quelques lignes dignes de cette mort de première classe.


« Regarde ! La dernière des ombres fugitives s'est éludée avec le dernier soleil couchant; —— le rideau de la mer a reculé ses mémorables festons; —— l'agitation des villes a cessé, emportant avec elle sa rumeur et les paroles des hommes sages; —— le passé déjà n'est plus, le présent se meurt; —— c'est le règne de la nuit tombante, le règne de l'obscurité désormais hégémonique; —— c'est l'aube du soir, et, tu le sais, c'est aussi ta vie elle-même, que tu savais d'avance et à jamais crépusculaire. »


    <<           >>