Or il faudrait que je vous dise Que cette histoire se déroule En des temps très reculés , viz., À l'époque où toutes les foules Au roi Pognon se sacrifiaient Et payaient un tribut barbare En sang et sueur tuméfiés , Où l'on versait au grand Dollar La vigueur des primes années De jeunesse et de mouvement, Où les gens étaient condamnés À d'indignes émoluments Pour un boulot des plus précaires , Pour un état des plus fragiles, Dans des banlieues où pauvres hères Subissaient police et vigiles. C'étaient ces sans-grades sans nombre Que les puissants administraient Qui constituaient les armées sombres Des Coca, des Pepsi, des très Classieuses multinationales , Divinement omniprésentes Et dupliquées dans le canal Médiatique que la récente Net Économie induisait, Celle-là même qui de par Son naturel instantanné Permet que plus on accapare . Or donc, le combat entre les Sociétés ennemies  montait Les uns contre les autres les  Travailleurs qui tous boulotaient Dans chaque camp, de quelque marque Que ce fût, et ce conatus C'était la Troisième Parque , La guerre de tous contre tous. De tous côtés, on fabriquait Qui des sodas , qui des laitages, Et nullement ne se souciait De limiter le gaspillage. Les concurrents tous concouraient À produire trois fois autant Que simplement exigerait La demande et tous les actants . Cette gabegie sans limite Inondait la planète entière, Et se déversait en prurit Avec une acuité foncière. Nul n'échappait à la folie Du marché sans régulation, Livré à la mélancolie De l'ineptie des transactions. L'objet devenait marchandise Sitôt sorti de l'usine où Un robot que le labeur grise L'avait créé; ensuite tout Se jouait sur la question-clé D'évaluer quelle commande L'item marchand ici bâclé Satisferait, quelle demande Et quelle offre il saurait combler. Tout se réduisait au schéma Susdit, bref, c'était pour le blé Qu'on produisait tout cet amas . On s'étonnera par la suite Que le globe crevait de ce Système à tous égards limite, Mais on n'y pouvait mais, car ceux Qui percevaient vers quelle abîme On allait n'avaient pas pouvoir D'infléchir cela, fût-ce infime, Avant le grand jour du Grand Soir . Ainsi donc la Révolution Suivait de façon souterraine Le cours de la Révélation , S'apprêtait à prendre les rênes . Mais en attendant , il y avait Toujours ces rixes incertaines, Ces plages chargées de pavés , Et ces dérisoires fredaines. Mais suffit ! Pour l'heure la lutte N'a rien de final, elle oppose Deux géants des boissons en butte Au jeu de la phagocytose . |