Ô Muse aromatique , ô Muse Alimentaire , ô Muse amie Des Picon, des Pastis, des Suze Et du Viandox , help me, help me ! Enthousïasme-moi , écris Zici les vers qui conteront La colère immense et les cris Que la bouteille au ventre rond Et la boisson toujours moussante À cette occasion échangèrent . Fais que cette rime oppressante De tout cela rien n'exagère. Inspire-moi les plus beaux vers Et que mon lecteur, ce veinard , Plus d'une fois, lève son verre (D'Orangina ou de Ricard) Pour applaudir à mes audaces, À mon inimitable style , À mes métaphores vivaces, À mes jeux de mots difficiles . C'était donc là-bas le duel Entre Orangina et Coca , Et les deux boissons sensuelles , Les deux  juvéniles sodas, S'affrontaient l'un l'autre et que gagne Le plus soldé, le plus juteux, Le plus alléchant, le plus magn- Ifique ou bien le plus mousseux. « Prépare-toi à la faillite, » Orangina la spiralée , » Je vais t'assommer de mon pschitt » Tel un Schweppes à peine avalé ! », Criait Coca dans la mêlée; Son adversaire , imperturbable, Lui fit cette réponse ailée : « Pauvre abruti, pauvre minable, » Tout juste bon à rafraîchir » L'haleine des adulescents » Qui au Mac Do vont s'affranchir » De quelques sous, de quelques francs , » Tu ne m'inspires que pitié , » Et n'étais-tu si misérable » Que je t'écraserais du pied » Telle une merde pitoyable. » Comme elle dit ces mots, Coca Ne se sent plus de rage et lance Un jet pressurisé de sa Poisseuse et sale consistance . Orangina [tm] de peu Évite le tir attaquant , Et ripostant , expulse en l'air Sa capsule au reflet clinquant. Mais Coca aux légers salaires A prévu la chose à l'instant Et sur le sentier de la guerre Il satellise à bout portant Un plein demi-litre de verre Qui sur Orangina se brise. Le coup est sans bavure et net , Et touchée par cette traîtrise , La rouge orange , atteinte, arrête Son regard, et vers le ciel noir, Tourne ses yeux et hurle au vent Qui souffle dur de désespoir : « Ô jour funeste , ô sort souvent » Contraire, ô temps, ô mœurs , voyez » Dans quelle affaire Orangina » Lutte contre le dévoyé » Et tentaculaire Coca » Qui les boîtes veut dépouiller » De leurs sacro-saints bénéfices , » Qui leur liberté veut souiller » En un ignoble sacrifice ! » Pepsi , mon ami, mon complice, » Mon frère en mélanges de glace , » Viens me sortir de ce supplice, » Et remettre Coca en place ! » Voici les mots que la très belle Orangina expectorait De sa rythmique de crécelle Qui alentour tous alarmait. Voici les syntagmes liés Qui s'écoulaient hors du larynx De la boisson de l'Homme alliée , De la princesse des soft drinks . Et comme elle disait cela, De nouveau les cieux changèrent, Et devant le Coca-Cola Apparut Pepsi l'adversaire. |