Chant cinquième
Or il faudrait
que je vous dise
Que cette histoire se déroule
En des temps très reculés
,
viz.,
À l'époque où toutes les foules
Au roi
Pognon
se sacrifiaient
Et payaient un tribut barbare
En sang et sueur tuméfiés
,
Où l'on versait au grand Dollar
La vigueur
des primes années
De jeunesse
et de mouvement,
Où les gens étaient
condamnés
À d'indignes émoluments
Pour un boulot des plus précaires
,
Pour un état
des plus fragiles,
Dans des banlieues où pauvres hères
Subissaient police et
vigiles.
C'étaient ces
sans-grades sans nombre
Que les
puissants administraient
Qui constituaient les
armées sombres
Des
Coca,
des
Pepsi,
des très
Classieuses multinationales
,
Divinement
omniprésentes
Et dupliquées dans le canal
Médiatique
que la récente
Net Économie
induisait,
Celle-là même qui de par
Son naturel instantanné
Permet que plus on accapare
.
Or donc, le combat
entre les
Sociétés ennemies ![]()
montait
Les uns contre les autres les ![]()
Travailleurs qui tous boulotaient
Dans chaque camp, de quelque marque
Que ce fût, et
ce conatus
C'était la Troisième Parque
,
La guerre de tous contre tous.
De tous côtés, on
fabriquait
Qui des sodas
,
qui des laitages,
Et nullement ne se souciait
De limiter le
gaspillage.
Les concurrents
tous concouraient
À produire trois fois autant
Que simplement
exigerait
La demande et tous les actants
.
Cette
gabegie sans limite
Inondait la
planète entière,
Et se déversait en prurit
Avec une
acuité foncière.
Nul n'échappait à la folie
Du marché
sans régulation,
Livré à la mélancolie
De l'ineptie des
transactions.
L'objet devenait marchandise
Sitôt
sorti de l'usine où
Un robot que
le labeur grise
L'avait créé; ensuite
tout
Se jouait sur la question-clé
D'évaluer
quelle commande
L'item marchand
ici bâclé
Satisferait, quelle demande
Et quelle
offre il saurait combler.
Tout se réduisait au schéma
Susdit, bref, c'était pour le blé
Qu'on produisait tout cet amas
.
On s'étonnera par la suite
Que
le globe crevait de ce
Système à tous égards
limite,
Mais on n'y
pouvait mais, car ceux
Qui percevaient vers quelle abîme
On allait n'avaient pas pouvoir
D'infléchir cela, fût-ce
infime,
Avant le grand jour du Grand Soir
.
Ainsi donc la
Révolution
Suivait de façon souterraine
Le cours de la Révélation
,
S'apprêtait à prendre les rênes
.
Mais en attendant
,
il y avait
Toujours ces
rixes incertaines,
Ces plages chargées de pavés
,
Et ces dérisoires
fredaines.
Mais suffit ! Pour l'heure la lutte
N'a rien de final, elle
oppose
Deux géants des boissons
en butte
Au jeu de la phagocytose
.
la
ballade d'Orangina - chant premier
la
ballade d'Orangina - chant deuxième
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la ballade d'Orangina - chant cinquième
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